La Croatie applique un système de péage fermé sur ses autoroutes. Vous prenez un ticket à la gare de péage d’entrée puis, à la gare de sortie, le montant se calcule à partir de la distance parcourue multipliée par le tarif kilométrique de votre classe. Il n’y a rien à acheter à l’avance et rien à apposer sur le pare-brise, puisque le montant ne peut être connu avant que vous n’ayez quitté l’autoroute.
Trois exploitants se partagent le réseau, et ils ne fonctionnent pas de la même manière. HAC en gère la plus grande partie, BINA-ISTRA exploite l’Y istrien et AZM exploite l’A2 vers la Slovénie. C’est de leurs différences que vient l’essentiel de la confusion sur le sujet : cette page les traite donc séparément plutôt que de laisser croire à un système croate uniforme. Deux points méritent d’être lus avant de partir : la règle des classes et ce que vaut le badge ENC.
Il n’existe pas de vignette croate, et deux sites connus en vendent une malgré tout
La Croatie n’a jamais eu de vignette autoroutière. Elle facture au kilomètre, à des barrières, et c’est pour cela que le prix dépend de votre itinéraire. Si un site vous propose une vignette électronique croate, il vend un produit qui n’existe pas. L’explication complète se trouve plus bas, mais voilà la réponse courte.
Vignette Croatie : comment fonctionne le péage croate
Vous prenez un ticket à la gare de péage d’entrée et vous le remettez à la gare de sortie. Le péage correspond à la distance multipliée par le tarif de votre classe. Perdez le ticket, et les conditions générales de l’exploitant l’autorisent à vous facturer le double du péage du trajet le plus long de votre classe depuis cette sortie : le ticket vaut donc bien plus qu’il n’y paraît.
Certains points frontaliers facturent un montant forfaitaire unique au lieu de mesurer la distance. L’A3 à Bregana (frontière slovène) coûte 1,00 € à une voiture et l’A7 à Rupa 1,10 €. Vous payez une fois et vous repartez.
La règle de l’exploitant fixe à 24 heures la durée maximale de présence sur l’autoroute. Présentez-vous à la sortie avec un ticket plus ancien et, faute de motif valable, la même facturation au double du péage s’applique. Elle vaut aussi si vous réglez à la sortie avec un moyen de paiement différent de celui présenté à l’entrée.
La Croatie est passée à l’euro le 1er janvier 2023 et les tarifs de péage sont publiés TVA comprise. Tout montant de péage croate encore exprimé en kunas est périmé : c’est un moyen rapide de repérer un guide qui n’a pas été mis à jour depuis 2023.
Un point de vocabulaire, parce qu’il change la façon de lire une réclamation ou une mise en demeure : la facturation au double du péage évoquée plus haut est une pénalité contractuelle prévue par les conditions générales de l’exploitant, pas une amende de police. Elle ne relève pas du même registre qu’un excès de vitesse et se règle avec l’exploitant, non avec la police.
La règle des classes : là où le prix change vraiment
Le péage croate compte cinq classes, et la distance parcourue est la moitié ennuyeuse du calcul. La moitié intéressante, c’est la classe dont vous relevez, parce que les exploitants tarifent les classes comme des multiples du tarif voiture.
| Classe | Ce qu’elle couvre |
|---|---|
| IA | Motos, tricycles et quadricycles |
| I | Véhicules à deux essieux de 1,90 m de hauteur au maximum |
| II | Deux essieux de plus de 1,90 m, jusqu’à 3 500 kg, ou tout véhicule de classe I ou IA qui tracte |
| III | Véhicules plus lourds à deux et trois essieux, et véhicules de classe II qui tractent |
| IV | Quatre essieux ou plus au-dessus de 3 500 kg, et les ensembles tractés les plus lourds |
Deux décisions de vacances parfaitement ordinaires vous font changer de classe
N’importe quelle remorque fait passer une voiture de la classe I à la classe II, quels que soient sa taille et son nombre d’essieux. Et une hauteur de plus de 1,90 m produit le même effet, ce qui piège les fourgons hauts, les gros SUV et les petits camping-cars quel que soit leur poids. Ni l’un ni l’autre n’a de rapport avec la distance : ce sont de purs sauts de classe, appliqués à la totalité du trajet.
Tout l’enjeu tient dans ces multiplicateurs. L’exploitant construit chaque prix à partir d’un tarif de base au kilomètre pour une voiture, puis applique un rapport fixe : IA 0,6, I 1,0, II 1,5, III 2,25, IV 3,3. La base est de 7,0 centimes par kilomètre depuis la hausse de 10 % du 1er juillet 2024.
Mais ces rapports ne sont pas les mêmes partout dans le pays, et c’est ce détail qui met en défaut toute généralisation nationale. Sur la section de l’A1 entre Lučko et Bosiljevo, sur toute l’A6 et sur l’A7 de Rupa à Matulji, les rapports sont plus élevés : II 1,8, III 2,4, IV 4,2. C’est pourquoi atteler une remorque vous coûte 57 % de plus sur la descente vers Split, mais 83 % de plus sur la route de Rijeka.
Où se mesure le 1,90 m, et la question à laquelle personne n’a répondu
Un seul des trois exploitants publie un point de mesure : AZM indique que la hauteur est mesurée au premier essieu, autrement dit que la référence est l’avant du véhicule et non son point le plus haut.
En revanche, aucun exploitant ni aucun ministère n’a indiqué, dans quelque langue que ce soit, si un coffre de toit ou un vélo posé sur le toit compte dans ce 1,90 m. Nous n’allons pas le deviner, et aucune autre page ne devrait le faire : si votre véhicule est proche de la limite avec une charge sur le toit, interrogez l’exploitant avant de partir. Notez aussi que chaque pays applique sa propre règle. L’Italie mesure elle aussi la silhouette à l’aplomb de l’essieu avant, mais à 1,30 m ; le Storebælt danois, lui, mesure la hauteur totale et compte expressément un coffre de toit. La même voiture peut obtenir trois réponses différentes au cours d’un seul voyage.
Prix du péage en Croatie : ce que coûte réellement un trajet
Voici les montants publiés par l’exploitant pour des trajets au départ de Zagreb, en euros, TVA comprise, relevés le 7 août 2026. L’exploitant ne date pas sa propre grille : considérez la date du relevé comme faisant partie du chiffre.
| Sortie | Moto (IA) | Voiture (I) | Voiture avec remorque (II) |
|---|---|---|---|
| Karlovac | 1,70 € | 2,80 € | 5,00 € |
| Rijeka (Grobnik) | 6,10 € | 10,10 € | 18,50 € |
| Zadar centar | 10,80 € | 17,60 € | 28,20 € |
| Šibenik | 13,40 € | 22,10 € | 35,30 € |
| Split | 15,80 € | 26,40 € | 41,40 € |
| Čarapine (extrémité sud de l’A1) | 20,20 € | 33,80 € | 52,50 € |
Deux calculs sont à garder sous la main. Une voiture qui traverse la Croatie sur l’itinéraire de transit classique, depuis la Hongrie par Goričan jusqu’à Zagreb puis jusqu’à Lipovac, à la frontière serbe, paie environ 6,40 € plus 18,60 €, soit à peu près 25 € de péage croate. La même voiture tractant une caravane paie la classe II sur les deux tronçons, soit environ 38 €. Et les motos sont vraiment moins chères, pas seulement un peu : Zagreb–Split coûte 15,80 € à une moto, contre 26,40 € à une voiture.
Comment payer, et ce que vaut le badge ENC
À la barrière, vous pouvez payer en espèces (en euros) ou par carte. La troisième solution est l’ENC, un badge de télépéage à coller sur le pare-brise, qui coûte 15,00 € et existe pour toutes les classes.
L’ENC n’est pas un simple confort d’usage, parce qu’il donne droit à de véritables économies :
| Formule | Réduction |
|---|---|
| ENC prépayé standard | 21,74 %, identique toute l’année |
| ENC saisonnier | 33,48 % du 1er novembre au 31 mars, 21,74 % le reste de l’année |
| Réduction selon la classe d’émission, poids lourds uniquement | 3 % pour la norme Euro 5, 3 % pour les véhicules écologiques améliorés (EEV), 7 % pour la norme Euro 6 |
La Croatie accorde sa plus forte réduction en hiver, contre toute attente
La plupart des tarifications routières saisonnières d’Europe pénalisent la haute saison. La Croatie fait l’inverse : la réduction ENC la plus forte s’applique du 1er novembre au 31 mars, quand le corridor adriatique est vide. Si vous partez en Croatie hors saison et que vous payez avec le badge, le tarif d’hiver est la meilleure affaire du pays.
Deux détails pratiques prennent les conducteurs de court. Le boîtier est rattaché à une classe de véhicule et non à une plaque d’immatriculation : il peut donc passer d’un véhicule à l’autre au sein de la même classe, mais il ne peut pas servir à deux véhicules à la fois. Et il ne fonctionne pas instantanément : il devient utilisable dans les 30 minutes sur les autoroutes de l’exploitant émetteur et dans les deux heures ailleurs, tandis qu’un rechargement par virement est crédité le lendemain, ou deux jours plus tard si un week-end s’intercale. Un virement lancé la veille d’un départ le samedi n’aura pas été crédité à temps.
Il n’y a aucun ENC sur l’A2
Ce n’est pas un problème d’interopérabilité, c’est une absence. Les pages de paiement de l’exploitant de l’A2 mentionnent les espèces, les cartes bancaires et sa propre carte SMART ; le sigle ENC n’y figure nulle part. Si vous roulez de Zagreb à Macelj vers la Slovénie, vous payez à la barrière quel que soit le badge collé sur votre pare-brise.
Qui est exonéré de péage en Croatie ?
Presque personne, et il vaut mieux le dire franchement, parce que la question est presque toujours posée dans l’espoir d’une bonne nouvelle. Il n’existe aucune exonération générale de péage pour les particuliers : pas de réduction pour les véhicules électriques, pas de dispense touristique, et rien qui dépende de la nationalité. Les motos ne sont pas exonérées non plus : elles relèvent simplement d’une classe moins chère.
Ce qui existe à la place, ce sont trois dispositifs différents que l’on confond avec des exonérations :
Des réductions, via le badge ENC, accessibles à tout le monde
Des ouvrages qui ne sont pas payants du tout, énumérés plus bas
Les véhicules des forces armées croates, dispensés de l’équipement hivernal, pas du péage
Bref, si vous cherchez un moyen de ne pas payer, les seules réponses honnêtes sont les ponts sans péage, l’A11 gratuite et la réduction ENC.
L’Istrie et l’A2 suivent d’autres règles
L’Y istrien, c’est-à-dire l’A8 et l’A9 qui descendent la péninsule, est exploité par BINA-ISTRA et tarifé à part. La section du tunnel de l’Učka coûte à elle seule 4,70 € à une voiture, et le parcours complet de la gare du tunnel jusqu’à Pula revient à 12,10 €.
BINA-ISTRA applique ses propres formules de réduction plutôt que de reprendre celles de HAC : ENC Easy donne 10 % sur les sections istriennes et ENC Plus environ 30 % sur les sections ordinaires, davantage dans le tunnel. La page de l’exploitant affiche deux pourcentages maximaux différents pour le tunnel : fiez-vous aux montants en euros de son simulateur plutôt qu’à un pourcentage.
Le fonctionnement de votre badge HAC en Istrie dépend du produit que vous avez acheté
C’est le point sur lequel on lit le plus d’erreurs, et la réponse varie selon le produit. Si votre boîtier HAC est prépayé, ce qui est le cas courant chez les touristes, vous devez l’enregistrer séparément auprès de BINA-ISTRA pour qu’il fonctionne en Istrie. S’il est postpayé, c’est-à-dire facturé par débit ultérieur de la carte, il s’apparie automatiquement à la première entrée en Istrie et n’a besoin d’aucun enregistrement, mais BINA-ISTRA débite alors votre carte au tarif plein, sans aucune réduction. Les deux exploitants ne se contredisent pas : ils décrivent deux produits différents.
L’A2 vers la Slovénie relève encore d’un autre régime. Son exploitant vend une carte SMART qui donne 25 % de réduction aux classes I et II, avec un rechargement minimal de 30,00 €. Le trajet de Zaprešić à Trakošćan coûte 6,70 € à une voiture.
Crolibertas : ce qui change le 1er mars 2027
La Croatie supprime ses barrières de péage. Le système qui les remplace, baptisé Crolibertas, est un péage en flux libre multivoie fondé sur des transpondeurs hyperfréquences et la lecture automatique des plaques, et il couvre d’un coup toutes les autoroutes croates, y compris l’Y istrien et l’A2. Sa base juridique est la loi sur la perception du péage publiée au Journal officiel en décembre 2025, et la loi fixe elle-même son entrée en application au 1er mars 2027.
Ce que presque tous les guides vont rater à propos de 2027
Crolibertas n’est pas un système « roulez maintenant, payez plus tard ». La loi dit que le droit d’utiliser une autoroute à péage s’acquiert en s’inscrivant dans le système avant de l’emprunter. C’est l’inverse de l’A24 néerlandaise ou d’un passage payant anglais, où les caméras vous facturent après coup. Et il n’existe aucun délai légal de paiement a posteriori sur lequel se rabattre. Un véhicule léger qui ne s’est pas inscrit à l’avance doit le faire au plus tard au premier point de service de l’autoroute.
La loi tranche quelques autres points. Les poids lourds doivent être équipés d’un boîtier ; pour les voitures, le boîtier est facultatif et la lecture des plaques fait le reste. Les badges ENC existants restent valables plutôt que d’être mis au rebut. Aucun changement de tarif n’a été annoncé : la facturation reste la distance multipliée par le tarif de la classe, exactement comme aujourd’hui. Et les sanctions se cumulent : le péage dû est majoré d’une pénalité légale de 120 €, à quoi s’ajoute une amende contraventionnelle de 300 à 600 € pour un particulier.
La loi crée aussi la base juridique d’une redevance d’infrastructure, d’une redevance de congestion et d’une redevance pour coûts externes. Aucune n’est en vigueur, mais une redevance de congestion estivale sur le corridor adriatique est désormais juridiquement possible, ce qui mérite d’être surveillé si vous empruntez cet axe au mois d’août.
Ce que vous ne payez pas
La Croatie a discrètement supprimé plusieurs péages, et une bonne partie des guides en circulation n’a pas suivi.
Pont de Krk : plus aucun péage depuis le 15 juin 2020
Pont de Pelješac : aucun péage n’est perçu, et aucun n’a été instauré depuis son ouverture en 2022
Tunnel Sveti Ilija sous le Biokovo : péage supprimé le 1er janvier 2018
A11 Zagreb–Sisak : gratuite aujourd’hui, selon la page à jour de l’exploitant
L’A11 demande une nuance plutôt qu’une affirmation nette. L’exploitant publie certes des tarifs de gare de péage pour cette autoroute, et ses propres rapports ont annoncé à deux reprises une date de fin de la gratuité, deux dates désormais dépassées. Mais sa page à jour continue d’indiquer que l’autoroute est gratuite pour tous les véhicules, et ses tableaux de recettes ne montrent aucune perception. Elle est donc gratuite aujourd’hui, et personne ne devrait aller plus loin.
La Croatie a-t-elle une vignette ?
Non, et elle n’en a jamais eu. La Croatie facture la distance à des barrières, et c’est précisément pour cela qu’elle ne peut rien vous vendre à l’avance : tant que vous n’avez pas quitté l’autoroute, le montant n’existe pas.
La confusion mérite d’être comprise, parce qu’elle est fabriquée plutôt que naturelle. La Croatie est voisine de la Slovénie et de la Hongrie, et l’Autriche se trouve juste au-delà : ces trois pays vendent tous de véritables vignettes, si bien qu’un conducteur qui traverse la région en déduit logiquement que le schéma se poursuit. À cela s’ajoute qu’au moins deux revendeurs de péage connus publient des pages intitulées « achetez la vignette électronique pour la Croatie en ligne » ou rangent la Croatie sous une adresse web de vignette électronique. Le produit qu’ils semblent proposer n’existe pas, et si l’on vous demande de le payer, c’est le signal qui doit vous alerter.
Ce dont vous avez réellement besoin sur la route, en revanche, existe bel et bien. Presque tous les accès à la Croatie traversent un pays qui, lui, vend une vraie vignette : une vignette slovène si vous descendez par Ljubljana, une vignette électronique hongroise si vous passez par Nagykanizsa et Goričan, et une vignette autrichienne si votre route franchit les Karawanken. Elles s’achètent pays par pays, et aucune ne couvre un seul kilomètre d’autoroute croate.
Les règles qui piègent les conducteurs étrangers
Tracter une remorque vous limite à 90 km/h sur l’autoroute
Un véhicule qui tracte une remorque non freinée est limité à 90 km/h sur l’autoroute et à 80 sur voie rapide comme sur les autres routes, quelle que soit la vitesse affichée. Sur l’A1, cela fait 40 km/h de moins que la limitation de vitesse croate générale, et il s’agit d’un plafond lié au véhicule, pas d’un panneau : rien au bord de la route ne vient vous le rappeler.
En Croatie, l’équipement hivernal ne dépend pas seulement de la météo, il obéit aussi à un calendrier : du 15 novembre au 15 avril, sur les sections hivernales désignées, il est obligatoire pour tous les véhicules à moteur, quels que soient le temps et l’état de la chaussée. Rouler sans équipement sur une section désignée reste une infraction, même par une douce journée de décembre.
Le recouvrement des amendes impayées auprès d’un non-résident est lui aussi plus sévère que la plupart des visiteurs ne l’imaginent. Un policier peut retenir temporairement un document de voyage ou un permis de conduire jusqu’à huit jours pour garantir la procédure, un pouvoir qui vise spécifiquement les personnes sans résidence en Croatie. Refuser de payer au bord de la route peut vous conduire immédiatement devant un juge. Et pour une personne sans résidence, une amende impayée est convertie en peine de prison sans le délai d’exécution de deux ans ni l’étape du travail d’intérêt général dont bénéficient les résidents, à raison d’un jour par tranche de 39,82 €, avec un minimum de trois jours.
La Croatie ne peut pas retirer un permis qu’elle n’a pas délivré : une interdiction de conduire prend donc la forme d’une interdiction d’utiliser votre permis étranger en Croatie plutôt que d’un retrait.
Questions fréquentes
Comment fonctionne le péage en Croatie ?
À la distance et à la classe de véhicule, dans un système fermé. Vous prenez un ticket à la gare de péage d’entrée et vous payez à la gare de sortie, où le montant correspond à la distance parcourue multipliée par le tarif de votre classe. Quelques gares frontalières facturent au contraire un montant forfaitaire unique.
Peut-on acheter une vignette Croatie en ligne avant de partir ?
Non, parce que le produit n’existe pas. Le péage croate se calcule à la sortie, à partir de la distance réellement parcourue : aucun droit de circulation ne peut donc être vendu à l’avance. Ce qui s’achète avant le départ, ce sont les vignettes des pays traversés pour y arriver : la Slovénie, l’Autriche et la Hongrie.
Faut-il une vignette pour aller en Croatie ?
Non, et le pays n’en a jamais eu. La Croatie facture au kilomètre, à des barrières, donc rien ne peut être vendu à l’avance. Les sites qui proposent une vignette électronique croate vendent un produit qui n’existe pas. Sur les routes d’accès, la Slovénie, l’Autriche et la Hongrie, elles, utilisent bel et bien des vignettes : c’est de là que vient la confusion.
Combien coûte le péage de Zagreb à Split ?
26,40 € pour une voiture et 15,80 € pour une moto, selon la grille publiée par l’exploitant. Tracter une caravane vous fait basculer en classe II et porte le péage à 41,40 €, soit 57 % de plus pour la seule remorque.
Une remorque change-t-elle vraiment le prix à ce point ?
Oui, et c’est la décision ordinaire la plus coûteuse sur les routes croates. N’importe quelle remorque fait passer une voiture de classe I en classe II pour la totalité du trajet. Cela coûte 57 % de plus jusqu’à Split et 83 % de plus jusqu’à Rijeka, parce que les multiplicateurs de classe sont plus élevés sur ce corridor.
Mon camping-car dépasse 1,90 m. Que vais-je payer ?
La classe II, quel que soit son poids réel, tant que son poids total autorisé en charge (PTAC) reste sous les 3 500 kg. Au-delà de 3 500 kg, il passe en classe III. La règle de hauteur piège aussi les fourgons hauts et les plus gros SUV, et elle s’applique à la totalité du trajet, pas à une section.
Un coffre de toit me fait-il dépasser la limite de 1,90 m ?
Personne n’a publié de réponse. L’exploitant de l’A2 indique que la hauteur est mesurée au premier essieu, seul point de mesure publié côté croate, mais aucun exploitant ni ministère ne dit en toutes lettres si un coffre de toit ou un vélo posé sur le toit compte. Si vous êtes proche de la limite, interrogez l’exploitant avant de partir plutôt que de croire un guide qui a l’air sûr de lui.
Le badge ENC vaut-il le coup pour des vacances ?
Oui, dans certains cas, et contre toute attente : la réponse est meilleure en hiver. La réduction standard est de 21,74 %, mais la formule saisonnière donne 33,48 % du 1er novembre au 31 mars. Le boîtier coûte 15,00 €. Pour un unique séjour d’été, l’économie est modeste ; pour un voyage hors saison ou des séjours répétés, elle est réelle.
Mon ENC fonctionnera-t-il partout en Croatie ?
Non, et il existe deux lacunes distinctes. Il n’y a aucun ENC sur l’A2, donc le trajet de Zagreb à Macelj se paie à la barrière quoi qu’il arrive. Et en Istrie, un boîtier HAC prépayé exige un enregistrement séparé auprès de BINA-ISTRA, tandis qu’un boîtier postpayé s’apparie automatiquement mais est débité au tarif plein, sans réduction.
Que se passe-t-il si je perds mon ticket de péage ?
Les conditions générales de l’exploitant l’autorisent à facturer le double du péage du trajet le plus long de votre classe depuis cette sortie. La même règle vaut si votre ticket a plus de 24 heures sans motif valable, ou si vous utilisez à la sortie un moyen de paiement différent de celui de l’entrée. C’est une facturation contractuelle, pas une amende de police.
Les ponts de Krk et de Pelješac sont-ils payants ?
Non. Le péage du pont de Krk a été supprimé le 15 juin 2020, et aucun péage n’est perçu sur le pont de Pelješac, ouvert en 2022. Le tunnel Sveti Ilija sous le Biokovo est gratuit depuis le 1er janvier 2018. Les guides qui vous les facturent encore ne sont pas à jour.
Ma vignette slovène couvre-t-elle les autoroutes croates ?
Non. Chaque vignette ne vaut que pour son propre pays : la vignette slovène couvre la Slovénie et s’arrête à la frontière. En Croatie, le péage se calcule à la distance et se règle à la barrière de sortie, badge ou pas badge.
Crolibertas : que change le 1er mars 2027 ?
C’est le remplacement des barrières croates par un péage en flux libre, qui couvre toutes les autoroutes du pays, y compris l’Istrie et l’A2, et la loi fixe sa date d’application au 1er mars 2027. La facturation reste la distance multipliée par le tarif de la classe, et les badges ENC existants restent valables.
Crolibertas me facturera-t-il après coup, comme un péage à caméras ?
Non, et c’est le malentendu le plus important à éviter. La loi dit que le droit d’utiliser une autoroute à péage s’acquiert en s’inscrivant avant de l’emprunter. Il n’existe aucun délai légal de paiement a posteriori. Une voiture qui ne s’est pas inscrite à l’avance doit le faire au plus tard au premier point de service de l’autoroute.
À quelle vitesse puis-je rouler en tractant une caravane en Croatie ?
90 km/h sur l’autoroute avec une remorque non freinée, et 80 sur voie rapide comme sur les autres routes. C’est un plafond lié au véhicule, qui prime sur la vitesse affichée : les panneaux ne vous le diront pas.
Quand les pneus hiver sont-ils obligatoires ?
Sur les sections hivernales désignées, du 15 novembre au 15 avril, l’équipement hivernal est obligatoire pour tous les véhicules à moteur, quels que soient le temps et l’état de la chaussée. C’est une règle de calendrier sur ces sections, pas une question de conditions.
Que se passe-t-il si je ne paie pas une amende en tant que conducteur étranger ?
Bien plus de choses que ne l’imaginent la plupart des visiteurs. La police peut retenir un document de voyage ou un permis de conduire jusqu’à huit jours pour garantir la procédure, un pouvoir qui vise spécifiquement les non-résidents. Refuser de payer au bord de la route peut vous conduire immédiatement devant un juge. Pour un non-résident, une amende impayée est convertie en peine de prison sans le délai d’exécution dont bénéficient les résidents, à raison d’un jour pour 39,82 € et avec un minimum de trois jours.


