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Les routes sont gratuites : deux ponts font payer, et le prix se décide avant votre arrivée

Péage Danemark : les deux ponts, le Brobizz et les zones diesel

Péage Danemark : le pays a détaché la redevance de la route. Ses 74 936 km de voirie publique ne coûtent rien à une voiture, et l’argent ne change de mains qu’à deux ouvrages : le pont du Storebælt et celui de l’Øresund. Ce que vous y payez dépend de la façon dont votre véhicule est mesuré à la gare de péage et du contrat que vous détenez avant d’arriver, jamais de la distance parcourue. S’y ajoutent deux autres régimes, aux unités de compte totalement différentes : une taxe kilométrique sur les poids lourds, et des zones urbaines qui ne font pas payer les conducteurs diesel, mais refusent l’entrée aux véhicules diesel trop anciens. Voici comment chacun fonctionne, avec les tarifs officiels 2026 de chaque exploitant.

Comment le Danemark fait-il payer ?

Le Danemark en un coup d’œil

Pas pour la route : seuls deux ponts font payer les voitures, le réseau lui-même est gratuit.

  • Deux franchissements sont payants : les ponts du Storebælt et de l’Øresund
  • Votre prix dépend de la mesure prise au passage et du contrat que vous détenez
  • Les zones diesel urbaines fonctionnent par enregistrement en ligne, sans vignette

Vous continuez la route ? Ces vignettes s’achètent ici

La plupart des pays européens attachent la redevance à la route : on achète une vignette autoroutière, ou bien on compte les kilomètres. Le Danemark, lui, a détaché la redevance de la route. Les 74 936 km du réseau public danois, autoroutes comprises, ne coûtent rien à une voiture. L’argent se concentre sur deux ouvrages, et ce que vous y payez n’a rien à voir avec la distance.

Le pays applique donc quatre régimes distincts, et la première chose à comprendre est que chacun compte dans une unité différente. C’est de leur confusion que viennent presque toutes les erreurs commises au Danemark. Deux passages méritent une lecture avant de partir : le tarif du Storebælt et celui de l’Øresund.

Qui paieL’unitéCe que cela donne
Voitures, camping-cars et voitures avec caravane, sur toute route danoiseRien du toutLes 74 936 km du réseau sont gratuits
Les ponts du Storebælt et de l’ØresundPar passage, tarifé selon la mesure prise au passagede 205 à 645 DKK, et de 182 à 520 DKK, pour une voiture
Poids lourds affectés au transport de marchandises à partir de 12 tPar kilomètre parcouru, depuis le 1er janvier 2025de 0,13 à 1,10 DKK le kilomètre selon la classe de CO2
Véhicules diesel dans quatre villesPas une somme, mais une norme d’émissionL’entrée est refusée, pas facturée
Voitures : toutes les routes gratuites
Deux ponts : payants au passage
Poids lourds dès 12 t : au kilomètre
Zones urbaines : diesel seulement, sans vignette

Chaque montant de cette page est la somme publiée par l’exploitant ou par l’État, en couronnes danoises (DKK), vérifiée en août 2026. La couronne n’est pas l’euro : elle est arrimée à un cours pivot de 7,46038 dans le mécanisme de change européen, si bien qu’une conversion en euros reste une approximation et n’est jamais le montant officiel. Pour fixer les idées, les 205 DKK d’une voiture au Storebælt valent environ 27,50 €.

Péage Danemark : le Storebælt, tarifé sur ce que mesure la gare de péage

La liaison du Storebælt, Storebæltsforbindelsen en danois, est le franchissement de 18 km entre le Sjælland (Zélande) et la Fionie, et pratiquement tout le trafic routier entre Copenhague et la péninsule du Jutland l’emprunte. Elle est exploitée par A/S Storebælt, filiale de Sund & Bælt.

Le tarif ne dépend pas d’une classe de véhicule lue sur votre carte grise (certificat d’immatriculation). Votre véhicule est mesuré au moment où il franchit la gare de péage, et c’est cette mesure qui décide de la tranche. Voici les tarifs d’un trajet simple appliqués par l’exploitant depuis le 1er janvier 2026.

VéhiculeTarif expressCarte ou espèces
Moto et voiture jusqu’à 3 m109 DKK125 DKK
Voiture, de 3 à 6 m205 DKK235 DKK
Voiture avec remorque, 6 m au maximum au total205 DKK235 DKK
Voiture avec caravane314 DKK360 DKK
Voiture de plus de 6 m, moins de 2,7 m de haut314 DKK360 DKK
Voiture, fourgon ou autocar de plus de 6 m et de plus de 2,7 m de haut613 DKK645 DKK
Poids lourd jusqu’à 10 m613 DKK645 DKK
Poids lourd de 10 à 20 m969 DKK1 020 DKK

Deux seuils se cumulent, et dans cet ordre : d’abord les 6 mètres de longueur, ensuite les 2,7 mètres de hauteur. Une voiture paie 205 DKK, dépasser 6 mètres la fait passer à 314 DKK, et dépasser en plus 2,7 mètres de hauteur la porte à 613 DKK. Un fourgon haut de plus de 6 mètres paie donc trois fois le prix d’une voiture. La ligne que presque tous les guides oublient est justement la plus utile : une voiture tractant une petite remorque paie toujours les 205 DKK ordinaires, à condition que l’ensemble ne dépasse pas 6 mètres.

Votre coffre de toit compte, et le Danemark l’écrit noir sur blanc

Parce que la gare de péage mesure au lieu de classer, l’exploitant précise en toutes lettres que la mesure porte sur la hauteur et la longueur totales, y compris tout ce qui est monté devant, derrière ou sur le véhicule : une remorque, un porte-vélos, un coffre de toit, des marchepieds, jusqu’à une boule d’attelage si elle ajoute de la longueur ou de la hauteur. Le prix suit la mesure prise à l’instant du passage, pas ce que disent vos papiers. Cela mérite d’être relevé, car la même question reste officiellement sans réponse en Croatie, où ni l’exploitant ni le ministère ne disent si un coffre de toit compte. Le Danemark, lui, répond par écrit, et la réponse est oui.

Les camping-cars suivent une échelle à part, et c’est un accord qui la déclenche

Les camping-cars ne suivent pas du tout le tableau des voitures, et c’est là qu’un conducteur peut perdre 300 DKK par passage sans jamais savoir que c’était évitable.

Moins de 3 500 kg et jusqu’à 6 m : 205 DKK

Le prix ordinaire d’une voiture au tarif express, ou 235 DKK par carte ou en espèces. Rien à préparer à l’avance.

Moins de 3 500 kg et plus de 6 m : 314 DKK, mais uniquement avec un accord

C’est l’autocamperaftale, demandée avant le départ, qui débloque cette tranche. La colonne carte et espèces y indique « impossible », donc le prix n’existe qu’avec un paiement automatique.

Jusqu’à 10 m sans accord : 613 DKK

C’est le tarif par défaut. Un camping-car de 7 m dont le propriétaire n’a rien demandé paie 613 DKK au lieu de 314 DKK : l’accord vaut donc environ 300 DKK par passage. L’exploitant annonce une économie pouvant atteindre 330 DKK par trajet.

Plus de 3 500 kg et plus de 10 m : 969 DKK

Passé 10 mètres, l’accord ne sert plus à rien.

L’Øresund : une autre société, une autre unité de compte

Le franchissement de l’Øresund, le pont et le tunnel qui portent la route de Copenhague à Malmö, est exploité par un consortium dano-suédois, et non par Sund & Bælt seul : presque rien ne se transpose d’un pont à l’autre. L’unité change aussi : ici, les tranches sont fixées par la seule longueur mesurée, sans aucune règle de hauteur ni de poids dans l’ensemble du tarif.

Les prix ci-dessous sont le tarif d’un trajet simple publié par l’exploitant, TVA de 25 % comprise, valable depuis le 18 mai 2026.

VéhiculeAvec ØresundGOBillet en ligneÀ la barrière
Moto94 DKK235 DKK265 DKK
Voiture, jusqu’à 6 m182 DKK465 DKK520 DKK
Voiture avec remorque jusqu’à 15 m ; camping-car de 6 à 10 m sans remorque ; fourgon de 6 à 9 m364 DKK930 DKK1 040 DKK
Voiture avec remorque de plus de 15 m ; camping-car de plus de 10 m, ou tout camping-car de plus de 6 m avec remorque ; fourgon de plus de 9 m725 DKK1 485 DKK1 655 DKK

Un simple passage en voiture coûte entre 182 DKK et 520 DKK, soit près du triple, et rien dans le véhicule ni dans le trajet ne fait bouger ce chiffre. La seule variable est le contrat que vous détenez avant d’arriver.

ØresundGO est un contrat de réduction, pas un moyen de paiement

C’est le détail qui coûte 338 DKK aux voyageurs. Atteindre le prix de 182 DKK demande deux accords, pas un : ØresundGO lui-même, à 370 DKK par an, couvrant jusqu’à cinq plaques différentes sur une même année civile, la sixième payant plein tarif, et un accord distinct avec un émetteur de paiement automatique agréé. Un conducteur allemand n’a pas besoin d’un fournisseur nordique pour le second, puisque DKV, Tollticket et Toll4Europe sont tous agréés. Ce qui ne marche pas, c’est de s’en occuper au dernier moment auprès de Brobizz : le paiement à la plaque n’y couvre que les plaques danoises et suédoises, les conducteurs des autres pays reçoivent par la poste un badge physique qui met environ cinq jours ouvrés à arriver, et un accord créé ainsi peut mettre 24 heures à devenir actif.

Quatre autres points diffèrent du Storebælt, et le premier surprend presque tout le monde :

  • L’Øresund ne prend pas l’euro. Couronnes danoises et couronnes suédoises seulement, à une barrière tenue 24 heures sur 24. Le Storebælt, lui, accepte les espèces en euros. Aucune habitude prise sur un pont ne vaut pour l’autre.
  • Il n’existe pas ici de réduction aller-retour dans la journée pour les particuliers, contrairement aux retours du soir, du week-end et des jours fériés du Storebælt.
  • Le prix annoncé en ligne est conditionnel. Il comprend une réduction de 10 % qui ne s’applique que si vous vous abonnez à la lettre d’information de l’exploitant. Sans cela, c’est le prix de la barrière qui vous est facturé.
  • Les plaques personnalisées ne sont pas lues du tout à la gare de péage de l’Øresund. Leurs propriétaires ont besoin d’un badge physique.

Si vous avez lu d’anciens articles allemands ou anglais, sachez que trois noms de produits n’existent plus : BroPas est devenu ØresundGO en 2023, la réduction aller-retour dans la journée SmutTur a été supprimée, et l’exploitant du ferry de Helsingør ForSea s’appelle désormais Øresundslinjen.

Pourquoi le prix du pont est lié par traité à un tarif de ferry

Un détail que presque personne ne publie, et qui explique la tarification mieux que tout ce que dit le site de l’exploitant. L’accord interétatique de 1991 entre le Danemark et la Suède, celui qui a autorisé le pont, fait du niveau des tarifs de ferry sur la liaison Helsingborg–Helsingør la référence de ce que les voitures et les poids lourds paient pour traverser. Le consortium indique qu’il ne peut donc pas fixer librement ses prix et doit tenir compte des ferries pour ne pas fausser la concurrence dans la région. Le ferry n’est pas seulement l’alternative au pont : il est l’ancrage juridique de son prix.

Passer en Suède n’est pas non plus une pure question de péage. La Suède a rétabli des contrôles à ses frontières intérieures et le franchissement est soumis à un contrôle de police systématique : gardez vos papiers d’identité à portée de main à la gare de péage plutôt qu’au fond d’une valise.

Le prix se décide avant votre arrivée, pas à la barrière

C’est la chose la plus importante à comprendre sur les deux ponts, et c’est pourquoi Brobizz, la marque danoise du badge de télépéage, est le nom que les visiteurs rencontrent d’abord. Chaque tranche des tableaux ci-dessus porte deux ou trois prix, et celui que vous obtenez dépend de démarches faites plusieurs jours plus tôt.

La réponse honnête pour un conducteur en vacances est cependant que vous n’avez besoin d’aucun badge pour franchir les deux ponts danois. Au Storebælt, un accord à la plaque suffit ; à l’Øresund, le paiement à la plaque est réservé aux plaques danoises et suédoises, et un conducteur venu d’ailleurs reçoit son badge par la poste. Dans les deux cas, si vous n’avez rien préparé, vous pouvez payer par carte à la barrière. Ce que change un badge ou un accord à la plaque, c’est le prix, et les deux ponts s’y prennent différemment.

  1. Franchir le Storebælt seulement

    Rien n’est exigé. Payez 235 DKK par carte, ou 205 DKK si vous détenez n’importe quel moyen de paiement automatique actif. Ajoutez la Storebælt Privataftale, gratuite, si vous voulez les réductions de retour du soir ou du week-end, qui ne s’appliquent pas d’elles-mêmes.

  2. Franchir l’Øresund seulement

    L’écart est bien plus large, et le contrat compte donc davantage : 182 DKK avec ØresundGO contre 520 DKK à la barrière. Souscrivez-le bien avant le départ plutôt qu’à la gare de péage, puisque l’activation n’est pas immédiate.

  3. Rouler de l’Allemagne vers la Suède en traversant le Danemark

    Il vous faut un contrat payant et un contrat gratuit : ØresundGO à 370 DKK par an, plus la Storebælt Privataftale, qui ne coûte rien. Le compte à la plaque suédois ØresundPAY donne aussi accès au prix express danois, mais un contrat de réduction Øresund, à lui seul, ne change rien au Storebælt.

  4. Rouler avec une plaque non européenne

    Vérifiez avant de compter sur la lecture de plaque. Le Storebælt ne lit que les plaques d’une liste fermée de quatorze pays, où les plaques turques ne figurent pas, et la liste des émetteurs agréés de l’Øresund ne compte aucun membre turc non plus. Payer par carte à la barrière reste toujours possible.

Au Storebælt même : les voies vertes sont réservées au paiement automatique, les bleues à la carte, les jaunes aux espèces, et les voies en espèces acceptent les couronnes et les euros, mais pas le billet de 500 €. Si vous vous retrouvez dans la mauvaise voie, ne faites pas marche arrière. L’exploitant demande de rester dans sa voie, et le prix express s’applique quand même si votre paiement automatique est valable. Les motards, eux, ne sont pas admis dans les voies express vertes.

La réduction express est plafonnée, et l’exploitant dit pourquoi

L’écart entre 205 DKK et 235 DKK est d’environ 13 %, et il ne peut pas augmenter. Les conditions contractuelles d’A/S Storebælt le décrivent comme la réduction maximale que la directive Eurovignette autorise pour un paiement automatique. C’est la qualification que l’exploitant donne lui-même de ce plafond juridique.

La réduction express des poids lourds est bien plus mince

Sur le tarif professionnel, l’écart tombe à environ 5 % : 613 DKK contre 645 DKK jusqu’à 10 m, et 969 DKK contre 1 020 DKK au-delà, quand une voiture gagne près de 13 %. Un transporteur qui construit son budget sur la réduction de badge du Storebælt y trouvera donc bien moins que ce qu’il attend.

Retours du soir, du week-end et des jours fériés

246 DKK pour un aller-retour effectué entre 16 h et 3 h la même soirée, et 346 DKK pour un retour de week-end entre le vendredi 12 h et le dimanche 24 h, ou un aller-retour dans la journée un jour férié. Ce sont des prix d’aller-retour, pas de trajet simple, et chacun exige une Privataftale, un paiement par badge ou par plaque, une voiture de moins de 6 m ou une moto, et le même badge ou la même plaque aux deux passages.

La réduction des habitués, que personne n’affiche

Au cours d’un même mois civil, vos 14 premiers passages simples sont facturés au prix express, les passages 15 à 50 ne coûtent rien du tout, et le prix express reprend au 51e passage.

La majoration de 600 DKK a deux déclencheurs

Franchir la gare de péage sans payer coûte 600 DKK en plus du prix du passage, et ne pas régler à temps une facture émise coûte la même chose. Ce sont deux événements distincts avec la même sanction.

Qui est exonéré des péages des ponts danois ?

Personne, au sens ordinaire du mot, et cela vaut la peine de le dire clairement parce que la question est le plus souvent posée avec espoir. Aucun des deux ponts ne publie d’exonération pour les particuliers : il n’y a pas de réduction pour les véhicules électriques, pas de dispense touristique et rien qui dépende de la nationalité. Les motos ne sont pas exonérées non plus : elles constituent simplement la tranche la moins chère des deux tarifs.

Ce qui existe à la place, ce sont quatre choses que l’on prend pour des exonérations :

Les contrats de réduction, que n’importe qui peut souscrire, visiteur compris

La Storebælt Handicapaftale, le seul accord réellement lié à un statut

Tous les autres franchissements danois, qui ne sont soumis à aucun péage dont on puisse s’exonérer

Des exclusions légales étroites de la taxe poids lourds : armée, pompiers, police, gestionnaires de voirie

Les seules vraies façons de payer moins sont donc les contrats ou un itinéraire qui évite les deux ponts. Aucun statut ne fait passer une voiture ordinaire gratuitement sur le Storebælt.

Tous les autres franchissements danois sont gratuits

La liste des franchissements gratuits est plus longue que celle des franchissements payants et elle continue de s’allonger. La loi danoise ne crée que deux franchissements routiers payants, tous deux au titre de la loi sur Sund & Bælt, et la seule autre redevance routière de tout le corpus législatif est celle, à venir, du Fehmarnbelt.

Gratuits, comme des routes d’État ordinaires : les deux ponts du Petit Belt, les ponts de Farø, le tunnel du Limfjord, l’Alssundbroen, le Svendborgsundbroen, le Guldborgsundtunnelen, le Sallingsundbroen et le Dronning Alexandrines Bro.

Deux corrections méritent d’être retenues, parce que des pages périmées passent encore à côté :

  • Le Dronning Margrethe II’s Bro, le nouveau pont du Storstrøm entre le Sjælland et Falster, a été ouvert à la circulation routière le 23 mars 2026 et n’est soumis à aucun péage. Le pont de 1937 qui le longe est fermé à la circulation.
  • Le Kronprinsesse Marys Bro de Frederikssund n’est pas un pont à péage. Ouvert en 2019 avec le premier péage en flux libre du Danemark, il a vu cette redevance supprimée à compter de 2022 et la société d’exploitation dissoute. Les pages qui citent encore 14 ou 41 DKK pour ce pont ont quatre ans de retard.

La taxe kilométrique : ce que le Danemark a construit à la place d’une vignette

Le troisième régime est celui qui a changé le plus récemment, et c’est pourquoi le vieux résumé du Danemark en une ligne, selon lequel ses seules redevances routières seraient les deux ponts, est faux depuis le 1er janvier 2025.

À cette date, le Danemark a quitté l’accord Eurovignette et abrogé sa propre loi de redevance routière fondée sur la durée, la vejbenyttelsesafgift, les remplaçant tous deux par une taxe kilométrique différenciée selon le CO2 pour les véhicules de marchandises, sur un réseau défini d’environ 10 900 km, énuméré segment par segment dans une annexe législative. Le Danemark est le seul pays européen à être allé à contre-courant de la vignette : il avait une redevance fondée sur la durée et l’a délibérément échangée contre une redevance à la distance.

Pourquoi cela ne peut pas toucher votre voiture, en une phrase

L’assujettissement exige que deux conditions soient remplies : le véhicule doit être utilisé pour le transport de marchandises, et sa masse maximale techniquement admissible en charge doit être de 12 000 kg ou plus. Une voiture particulière ne remplit ni l’une ni l’autre. Un camping-car ne remplit pas la première quel que soit son poids, puisqu’il ne transporte pas de marchandises. Et pour un ensemble, seul le véhicule tracteur est pris en compte : l’administration fiscale danoise indique expressément qu’un véhicule à moteur de moins de 12 000 kg n’est pas assujetti même lorsque l’ensemble dépasse ce seuil, ce qui règle la question de la voiture avec caravane en une ligne.

Pour ceux qui entrent dans son champ, la forme du dispositif mérite d’être connue. Les taux s’échelonnent de 0,13 DKK le kilomètre, taux unique pour les véhicules à zéro émission, à 0,86–1,10 DKK dans la classe de CO2 la plus polluante selon la tranche de poids. Un supplément de 0,07 à 0,55 DKK s’ajoute sur les segments taxés situés dans une zone environnementale, mais les segments d’autoroute et du réseau transeuropéen en sont exclus et seules comptent les zones déjà existantes au 1er août 2022. Il n’existe que deux options licites, et toutes deux doivent être en place avant toute entrée sur le réseau : une unité embarquée sous contrat avec un fournisseur agréé, ou un billet de route électronique acheté d’avance, valable pour un itinéraire déclaré pendant 24 heures. Il n’y a aucun point de vente.

Le contrôle est entièrement numérique, sans portique à chercher ni arrêt à prévoir, et la responsabilité est objective. L’amende de référence est de 9 000 DKK, doublée en juillet 2025 par rapport aux 4 500 DKK précédents. Des amendes définitives impayées liées au véhicule peuvent aussi faire refuser à un poids lourd étranger le passage des liaisons fixes, ce qui signifie en pratique un refoulement au Storebælt, sauf si le débiteur réside en Finlande, en Islande, en Norvège ou en Suède.

Deux dates circulent comme si elles avaient force de loi, sans l’avoir : l’extension de la taxe aux véhicules à partir de 3,5 tonnes en 2027, puis à tout le réseau routier en 2028. Toutes deux viennent d’un accord politique de 2023, et le texte de loi dit toujours 12 000 kg.

Les zones environnementales : le régime qui ne parle pas d’argent

Le quatrième régime est celui qui risque le plus de prendre au piège un visiteur ordinaire, et c’est celui qui n’est pas une redevance. Le Danemark applique des miljøzoner, l’équivalent local d’une zone à faibles émissions (ZFE), à Copenhague, Odense, Aarhus et Aalborg, et ces zones ne tarifent pas l’entrée. Elles la conditionnent.

Si vous roulez en essence, en hybride ou en électrique, vous pouvez sauter toute cette section : les dispositions de la loi ne visent que les moteurs à allumage par compression. Ces zones ne concernent que le diesel, et le conducteur d’un véhicule essence n’a rien à vérifier, à enregistrer ni à payer.

Pour les conducteurs de véhicules diesel, le Danemark fonctionne comme nulle part ailleurs en Europe, parce qu’il n’existe aucune vignette de pare-brise. Le système repose sur un registre et sur des caméras : un conducteur qui arrive avec le réflexe de l’Umweltplakette allemande ou de la vignette Crit’Air cherche donc un macaron qui n’existe pas et passe à côté de l’obligation qui, elle, existe.

La norme d’émission

Une voiture diesel doit être Euro 5 ou porter un filtre à particules, depuis le 1er octobre 2023. Un fourgon diesel doit être Euro 5 ou porter un filtre, c’est-à-dire avoir été immatriculé pour la première fois à partir de septembre 2016. Les poids lourds et autocars de plus de 3,5 tonnes doivent être Euro VI ou porter un filtre, c’est-à-dire immatriculés pour la première fois à partir de janvier 2015.

L’obligation d’enregistrement, qui est distincte

Un véhicule diesel immatriculé à l’étranger dont la première immatriculation est antérieure au 1er janvier 2011 pour les voitures et les minibus, à septembre 2016 pour les fourgons ou à janvier 2015 pour les poids lourds et autocars, doit être enregistré en ligne sur miljoezoner.dk au plus tard le jour où vous entrez dans une zone. C’est une infraction distincte de la règle d’émission : vous pouvez être parfaitement conforme à Euro 5 et être verbalisé uniquement pour défaut d’enregistrement.

La vérification qui vous dit dans quel cas vous êtes

L’obligation disparaît lorsque l’autorité danoise peut vérifier votre véhicule dans le registre de votre propre pays. Vous saurez de quel côté de cette ligne vous vous trouvez en saisissant votre plaque et votre pays dans l’outil officiel de vérification avant de partir. S’il ne vous donne pas le feu vert, enregistrez-vous, même si la voiture est réellement Euro 5.

Les véhicules de plus de 30 ans sont hors du système

Un véhicule immatriculé à l’étranger et âgé de plus de 30 ans est dispensé de toutes les exigences : ni norme d’émission ni enregistrement. Un diesel de collection de 1990 n’a donc aucune obligation ici, ce qui renverse la conclusion que sa date d’immatriculation laisserait supposer.

Aucune autoroute danoise ne se trouve dans une zone environnementale

Voilà qui désamorce l’essentiel de l’inquiétude liée au transit. Traverser le Danemark par les E45, E20 ou E47 ne vous fait jamais entrer dans une zone, même si certaines sorties passent juste à côté. À Copenhague, l’aéroport et l’autoroute de l’Øresund sont hors de la zone : les trajets vers l’aéroport comme vers le pont sont donc libres. À Aarhus, la zone correspond à l’intérieur de la Ringgade, et les boulevards périphériques eux-mêmes en sont expressément exclus. À Aalborg, Vesterbro et Strandvejen restent ouverts comme itinéraires de transit.

Le contrôle se fait par lecture automatique des plaques, depuis des points fixes dans chaque zone et depuis des voitures-caméras mobiles. L’amende est de 1 500 DKK pour une voiture, un minibus ou un fourgon, et de 12 500 DKK pour un poids lourd ou un autocar, ramenée à 1 000 DKK lorsque l’infraction tenait uniquement à l’enregistrement manquant et que vous prouvez dans les 80 jours que le véhicule était réellement conforme. Deux mécanismes comptent pour un visiteur. L’amende frappe le propriétaire et non le conducteur, même quand le propriétaire ne conduisait pas, ce qui, sur une voiture de location, veut dire que le loueur est facturé et vous la répercute. Et plusieurs détections du même véhicule dans la même zone en moins de sept jours ne comptent que pour une infraction : l’exposition est donc plafonnée à une amende par zone et par semaine, mais une nouvelle tombe chaque semaine jusqu’à ce que le véhicule soit conforme.

Une dernière mise en garde : les possibilités de dispense inscrites dans les textes, comme le forfait de six entrées et les délais de grâce, exigent une adresse de résidence à l’intérieur de la zone et une signature numérique danoise. Un visiteur ne peut en utiliser aucune, et demander une dérogation ne protège pas tant qu’elle n’a pas été accordée avant votre entrée.

Le tunnel du Fehmarnbelt : le troisième péage, sans date ni tarif

Le tunnel du Fehmarnbelt entre Puttgarden et Rødbyhavn, construit par la société d’État danoise Femern A/S et souvent appelé pour cette raison la liaison Femern, sera un tunnel immergé de 18 à 19 km portant une autoroute à quatre voies et une voie ferrée à double voie, ramenant la traversée à une dizaine de minutes en voiture. Il est assemblé à partir de 89 éléments, dont le troisième a été immergé le 2 août 2026. À son ouverture, il deviendra la troisième redevance routière prévue par le droit danois.

Toutes les dates d’ouverture que vous avez lues pour Femern sont officieuses

Il n’existe aucune date d’ouverture officiellement annoncée. L’exploitant a indiqué en mai 2026 que la liaison ouvrirait en deux étapes, la route d’abord et le rail ensuite, que le côté danois accuse environ deux ans de retard et qu’un nouveau calendrier suivrait une fois les premiers éléments en place. L’objectif de 2029 a été remis en question en septembre 2025, et la page thématique du ministère des Transports l’affiche toujours : c’est exactement pour cela que ce chiffre continue de circuler. Il n’existe aucun tarif non plus : la loi Femern laisse ce niveau à la discrétion du ministre des Transports, et l’exploitant dit qu’il sera fixé juste avant l’ouverture. D’ici là, c’est le ferry qui assure la liaison.

Vignette Danemark : il n’en existe aucune, et ce n’est pas un oubli

La réponse est ici d’une fermeté inhabituelle, parce que le Danemark n’est pas un pays qui se serait simplement abstenu d’en adopter une. Il avait une redevance routière fondée sur la durée et l’a abolie. Le 1er janvier 2025, il a dénoncé l’accord Eurovignette et abrogé dans le même mouvement sa propre loi de vejbenyttelsesafgift, et le texte en vigueur énonce en toutes lettres que les eurovignettes n’ont aucune validité au Danemark.

Deux conséquences pratiques en découlent. Une eurovignette achetée ailleurs ne vous donne aucun droit ici, même si elle continue d’être vendue dans d’autres pays. Et il n’existe aucun produit danois à acheter, à chercher ou à se faire vendre : un site qui vous propose une vignette danoise vous vend une chose que le Parlement danois a délibérément supprimée.

Les pays que vous traversez pour rejoindre le Danemark sont une autre affaire. Si vous montez par l’Allemagne, l’autoroute est gratuite pour les voitures, mais un itinéraire qui part de plus loin au sud aura traversé des pays à vignette en chemin, et chaque vignette s’achète séparément.

Les règles qui piègent les conducteurs étrangers

Les redevances routières danoises sont modestes. Les sanctions ne le sont pas, et plusieurs règles diffèrent de celles des pays voisins d’une façon qui coûte réellement de l’argent.

Les limitations de vitesse, et l’absence totale de tolérance

Les limites par défaut sont de 50 km/h en agglomération, 80 km/h hors agglomération, 80 km/h sur voie rapide et 130 km/h sur autoroute. Deux corrections méritent d’être retenues. Beaucoup d’autoroutes danoises sont signalées à 110, ce qui est une limite abaissée et non la norme, car 130 est un plafond légal qui ne peut être relevé par aucun panneau. Et une voie rapide peut être signalée jusqu’à 100, et non à 90 comme on le lit souvent.

Le Danemark n’applique ensuite aucune tolérance. Les tranches d’amende officielles commencent à la limite plus un : 51 dans une zone à 50, 131 sur une autoroute à 130.

En tractant : un plafond unique de 80 km/h, sur tous les types de route

Une voiture de moins de 3,5 tonnes tractant une caravane ou une remorque est plafonnée à 80 km/h partout, autoroute comprise. Le fameux « 80 sur autoroute, 70 ailleurs », si souvent recopié, est un fossile : les 70 ont été abrogés à compter de 2020 et n’apparaissent pas dans la loi.

Une homologation Tempo 100 allemande ne vaut rien ici

C’est l’hypothèse la plus coûteuse qu’un caravanier allemand puisse emporter au Danemark. L’agence danoise des véhicules répond directement : une marque Tempo 100 allemande ne vous autorise pas à rouler à 100 km/h au Danemark, et une homologation danoise ne vaut pas davantage en Allemagne. Le dispositif norvégien est le seul que le Danemark reconnaisse. Une remorque étrangère peut obtenir l’homologation danoise dans un centre de contrôle danois, et celle-ci vous fait monter à 100 km/h sur autoroute uniquement.

Pour les camping-cars, tout tient aux 3 500 kg

Un camping-car de moins de 3,5 tonnes qui ne tracte pas n’est pas touché par les plafonds spéciaux et peut rouler jusqu’à 130 km/h sur autoroute comme n’importe quelle voiture. Au-delà de 3,5 tonnes, c’est 80 km/h partout, et une homologation danoise Tempo 100 campingbil porte ce plafond à 100 km/h sur autoroute uniquement, toujours 80 ailleurs, et seulement lorsque le véhicule n’est pas attelé à une remorque.

La règle des 30 km/h que presque personne ne publie

Tracter un engin non immatriculable, comme ces petites remorques utilitaires qui n’ont pas besoin de plaque, plafonne tout l’ensemble à 30 km/h. Remorquer un véhicule en panne est plafonné à 30 km/h également, et c’est pourquoi vous ne pouvez pas légalement ramener la voiture d’un ami sur une autoroute danoise : l’autoroute exige des véhicules capables d’atteindre au moins 50 km/h.

Ce que coûte vraiment un excès de vitesse

Les amendes de vitesse danoises viennent du barème publié par le ministère public, sous forme de montants fixes en couronnes, selon le pourcentage de dépassement. Elles ne montent jamais avec les revenus, mais elles peuvent être réduites de moitié pour les moins de 18 ans et pour les bas revenus qui en font la demande avec justificatifs : « fixes, pas indexées sur le revenu » n’est donc vrai que dans un seul sens.

Quatre traits du barème sont franchement contre-intuitifs :

Une caravane vous fait basculer sur le barème des poids lourds

Une voiture tractant une remorque ou une caravane immatriculable est verbalisée dans la même colonne que les poids lourds, sur tous les types de route. La tranche d’entrée est de 1 800 DKK au lieu de 1 200 DKK, et l’écart se creuse avec la vitesse, jusqu’à 9 000 DKK contre 6 000 DKK à 100 % de dépassement.

Le même pourcentage coûte plus cher hors autoroute

Un supplément de 1 200 DKK s’applique lorsque le dépassement atteint 30 % ou plus, mais seulement sur les routes autres que les autoroutes et les voies rapides signalées à 100 km/h. De 30 à 39 % de dépassement, une voiture paie 3 000 DKK sur une route ordinaire contre 2 400 DKK sur autoroute.

140 km/h déclenche un supplément sur toutes les routes

À partir de 140 km/h, un supplément de grande vitesse s’ajoute quelle que soit la limite affichée, de 1 200 DKK à 6 000 DKK par tranches de 10 km/h. C’est exactement la vitesse vers laquelle glisse un conducteur qui passe d’une autoroute allemande sans limitation à une autoroute danoise à 130.

160 km/h coûte le permis, quelle que soit la limite

Le retrait conditionnel du permis est obligatoire à partir de 160 km/h indépendamment de la limite affichée, avec obligation de repasser l’examen. Sur une autoroute à 130, cela ne représente que 23 % de dépassement, et cela suffit à mettre fin au voyage.

Un cas courant, déroulé jusqu’au bout, ressemble à ceci. 69 km/h dans une zone à 50 représentent 38 % de dépassement : 1 800 DKK, plus le supplément de 1 200 DKK des routes ordinaires, plus un point de pénalité, le klip danois, qui entraîne le prélèvement de 1 000 DKK pour le fonds des victimes, soit 4 000 DKK. Et 160 km/h sur une autoroute à 130 font 1 800 DKK plus un supplément de grande vitesse de 2 400 DKK plus le prélèvement : 5 200 DKK, et le droit de conduire avec. Les limitations temporaires de chantier doublent l’amende. Les infractions multiples s’additionnent sans aucune remise.

Un point de pénalité est encouru au-delà de 30 % de dépassement, et trois points en trois ans entraînent un retrait conditionnel du permis, avec trois ans de probation en plus. Pendant les trois premières années d’un premier permis, deux suffisent, et la sanction y diffère par nature : un kørselsforbud, c’est-à-dire le retrait du droit de conduire jusqu’à ce que vous ayez suivi une formation spéciale et repassé un examen de contrôle. L’agent au bord de la route ne peut pas vous dire si un point vous coûte le permis, car l’avis est établi avant la consultation du fichier. Attendez-vous à l’apprendre par la poste.

Les contrôles visant les conducteurs étrangers sont physiques

La police danoise peut retenir votre voiture jusqu’au paiement

La plupart des pays répondent à cette question par « l’amende vous suit jusque chez vous ». La réponse danoise est plus directe. Lorsque le conducteur et le véhicule sont tous deux étrangers, la police peut retenir le véhicule jusqu’au paiement de l’amende ou à la constitution d’une garantie, et après deux mois la voiture elle-même peut être vendue pour couvrir la dette. Une exception nordique soustrait à ce pouvoir les résidents de Finlande, d’Islande, de Norvège et de Suède, même si eux aussi peuvent voir leur voiture retenue pour des amendes d’arrêt et de stationnement impayées : un conducteur suédois et un conducteur allemand arrêtés au même contrôle ne sont donc pas traités de la même façon. Notez aussi que la condition est cumulative : un conducteur résidant en Allemagne au volant d’une voiture de location danoise n’est pas visé. L’asymétrie joue pour une fois en votre faveur, car un conducteur étranger peut régler en espèces au bord de la route, ce qu’un conducteur danois n’a pas le droit de faire. Emporter assez d’espèces fait réellement la différence entre repartir et perdre la voiture pour l’après-midi.

Le taux d’alcoolémie autorisé est de 0,50 g/l de sang en règle générale. Depuis le 1er juillet 2025, les conducteurs qui en sont aux trois premières années de leur premier permis sont à 0,20 g/l, que le projet de loi lui-même décrit comme un zéro de fait. Cette limite pour les novices ne s’applique qu’aux voitures de la catégorie B ordinaire et dépend de l’ancienneté du permis plutôt que de l’âge : un premier permis obtenu à 55 ans est donc visé, un jeune motard non. Au-dessus de 1,20, le permis tombe de façon inconditionnelle, et au-dessus de 2,00 la voiture elle-même est confisquée, la confiscation frappant aussi les véhicules empruntés, loués et en crédit-bail sous réserve d’un examen de proportionnalité pour le propriétaire.

Un point structurel sur le retrait du permis : le Danemark ne peut pas perforer un permis qu’il n’a pas délivré, et il retire donc le droit de conduire et non le document. Conduire pendant cette période est une infraction à part entière.

Équipements et habitudes qui diffèrent des pays voisins

Ni gilet, ni trousse de secours, ni ampoules de rechange ne sont exigés

Aucun de ces objets n’apparaît dans la loi danoise. Ce qui est exigé, c’est que vous utilisiez un triangle de présignalisation là où votre véhicule crée un danger ou une gêne, à au moins 50 m en arrière, ou 100 m sur autoroute. Curieusement, aucune règle ne vous oblige à en emporter un, et les feux de détresse ne le remplacent pas.

Le Danemark n’a pas de couloir de secours

L’obligation allemande du Rettungsgasse n’existe pas ici et le mot ne figure pas dans la loi. Ce qui s’applique à la place, c’est l’obligation de céder le passage à un véhicule de secours qui signale sa présence et de laisser la bande d’arrêt d’urgence dégagée. Rouler sur la bande d’arrêt d’urgence coûte 2 000 DKK et un point de pénalité.

Les pneus hiver ne sont pas obligatoires, mais ce n’est plus toute la réponse

Il n’y a pas de saison des pneus hiver et pas d’exigence M+S. Depuis le 1er juillet 2025, rouler avec des « pneus manifestement inadaptés » est cependant une infraction : monter des pneus été sur une route enneigée peut donc désormais être sanctionné. Les pneus cloutés ne sont admis que du 1er novembre au 15 avril, et uniquement s’ils équipent toutes les roues du véhicule.

Feux de jour : vos feux de circulation diurne suffisent

Les feux doivent toujours être allumés, mais des feux de circulation diurne dédiés satisfont à la règle de jour. Les feux de croisement deviennent obligatoires dès la tombée de la nuit.

Deux habitudes méritent d’être rappelées avant l’arrivée. Quand vous tournez à droite au Danemark, vous ne devez pas gêner les cyclistes qui vont tout droit, et dans un pays où le trafic cycliste est aussi dense, cette règle régit un très grand nombre d’intersections ; là où la piste cyclable est à double sens, les vélos arrivent des deux côtés sur le flanc vers lequel vous tournez. Et le disque de stationnement fonctionne à l’inverse de tous ceux que vous avez utilisés : vous l’avancez jusqu’à la fin du quart d’heure pendant lequel vous vous êtes garé. Arrivez à 10 h 07 et vous réglez 10 h 15, ni 10 h ni 10 h 07. Un disque étranger est licite, mais seulement dans une voiture immatriculée à l’étranger : votre disque français ou belge reste donc valable tant que la voiture porte ses plaques d’origine, et devient une infraction dans une voiture de location danoise.

Les ferries : l’alternative, et l’ancrage juridique du prix du pont

Deux liaisons Scandlines acheminent la plupart des conducteurs depuis l’Allemagne : Rødby–Puttgarden, environ 45 minutes, et Gedser–Rostock, environ deux heures. Aucune réservation n’est nécessaire sur la liaison de Rødby, mais se présenter au port coûte sensiblement plus cher que réserver en ligne. Les limitations de vitesse danoises s’appliquent dès l’instant où vous descendez de la rampe.

Pour la Suède, le ferry Helsingør–Helsingborg est l’alternative de 4 km au pont de l’Øresund : il navigue 24 heures sur 24 et part, en journée, environ toutes les 20 minutes pour les voitures et toutes les 15 pour les poids lourds. Ces 20 minutes sont la fréquence, pas la durée de traversée : l’exploitant ne publie aucune durée de trajet, quoi qu’en disent la plupart des guides. Sur le tarif 2026, les billets partent d’environ 199 DKK l’aller simple pour la voiture et tous ses occupants, sur le billet non remboursable Lavpris ; le billet Standard entièrement flexible est à 460 DKK, et les remorques sont facturées à part, 390 DKK jusqu’à 5 m et 460 DKK au-delà. La tarification est dynamique et saisonnière : les billets bon marché doivent donc être réservés très à l’avance.

Le ferry classe votre véhicule au poids, le pont à la longueur

Voilà une règle qui ne se transpose pas de l’un à l’autre. Sur le ferry, la limite entre une voiture et un poids lourd est de 3 500 kg de poids total autorisé en charge (PTAC), et pour un ensemble c’est le poids du véhicule tracteur qui décide, la longueur ne servant qu’à fixer la tranche. Sur les ponts, le poids n’apparaît nulle part : le Storebælt mesure la longueur et la hauteur, l’Øresund la longueur seule. Un pick-up lourd de 5 mètres paie donc le prix voiture sur le pont et le prix poids lourd sur le ferry. Un camping-car construit uniquement pour l’habitation compte comme une voiture sur le ferry, quel que soit son poids.

Bornholm est la seule île danoise dont on pourrait croire qu’elle oblige à passer par la Suède, et ce n’est pas le cas. Un ferry direct pour voitures relie Køge à Rønne en cinq heures et demie environ, une fois par jour dans chaque sens, en évitant à la fois le péage de l’Øresund et le contrôle à la frontière suédoise.

Poursuivre la route depuis le Danemark

Le Danemark occupe un coin de l’Europe sans péage. L’Allemagne, au sud, ne fait rien payer aux voitures sur l’autoroute, comme l’explique notre page Allemagne, et la Suède, au nord, n’a ni vignette ni péage autoroutier, mais elle taxe l’entrée de Stockholm et de Göteborg. En redescendant vers le sud-ouest, l’itinéraire traverse la Belgique, qui n’a pas de vignette non plus mais où Bruxelles, Anvers et Gand sanctionnent une plaque étrangère non enregistrée. Les vignettes, elles, commencent un pays plus loin.

Vers le sud, en direction des Alpes

À travers l’Allemagne, l’autoroute reste gratuite jusqu’à ce que vous atteigniez un pays à vignette. L’Autriche en exige une dès le premier kilomètre d’autoroute, vendue par l’exploitant d’État ASFINAG, et la Suisse applique une vignette annuelle unique, sans aucune formule plus courte. Ni l’une ni l’autre ne se règle à la frontière dans la précipitation.

Vers le sud-est, à travers l’Europe centrale

La Tchéquie et la Slovaquie utilisent des vignettes électroniques liées à la plaque, et les itinéraires adriatiques ajoutent la Slovénie ou la Hongrie. Chacune est distincte, et aucune ne couvre la suivante.

Questions fréquentes

Péage Danemark : comment le système fonctionne-t-il ?

En quatre régimes distincts, avec quatre unités de compte différentes. Les routes ordinaires sont gratuites pour les voitures, tous les 74 936 km. Les deux liaisons fixes, les ponts du Storebælt et de l’Øresund, font payer au passage, à un prix fixé par la mesure de votre véhicule. Les véhicules de transport de marchandises à partir de 12 tonnes paient au kilomètre. Et quatre villes appliquent des zones diesel, qui ne font rien payer du tout mais conditionnent l’entrée à une norme d’émission.

Y a-t-il des routes à péage au Danemark ?

Non. Pas une seule route danoise n’est à péage, autoroutes comprises, et il y en a 74 936 km. Les seules redevances routières se trouvent aux deux liaisons fixes, les ponts du Storebælt et de l’Øresund, qui facturent au passage et non au kilomètre, plus une taxe kilométrique distincte qui ne concerne que les véhicules de marchandises à partir de 12 tonnes.

Faut-il une vignette pour rouler au Danemark ?

Non, et il n’y en a aucune à acheter. Le Danemark a abrogé sa propre redevance routière fondée sur la durée et quitté l’accord Eurovignette le 1er janvier 2025, en les remplaçant par une taxe kilométrique qui ne s’applique qu’aux véhicules de marchandises à partir de 12 tonnes. Pour une voiture, un camping-car ou une voiture avec caravane, les routes danoises sont gratuites.

Mon eurovignette est-elle valable au Danemark ?

Non. Le texte de loi énonce en toutes lettres que les eurovignettes n’ont aucune validité au Danemark depuis le 1er janvier 2025. Elles continuent d’être vendues dans certains autres pays, ce qui explique précisément la persistance du malentendu, mais elles ne donnent aucun droit sur une route danoise.

Faut-il une vignette Crit’Air pour entrer au Danemark ?

Non. La vignette Crit’Air est un dispositif français et elle ne sert à rien au Danemark, où les zones environnementales ne reposent sur aucun macaron de pare-brise. Elles ne visent que les véhicules diesel et fonctionnent par norme d’émission et, pour certains véhicules étrangers plus anciens, par enregistrement en ligne. Gardez donc votre vignette Crit’Air pour la France, où elle reste obligatoire dans les ZFE : elle n’a aucune valeur au Storebælt ni à Copenhague.

Combien coûte le pont du Storebælt pour une voiture ?

205 DKK au tarif express, ou 235 DKK en payant par carte ou en espèces, pour une voiture ordinaire de 3 à 6 mètres, sur le tarif en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Au-delà de 6 mètres, cela passe à 314 DKK, et au-delà de 6 mètres et de 2,7 mètres de hauteur, à 613 DKK.

Combien coûte le pont de l’Øresund, et comment obtenir le prix bas ?

182 DKK avec un contrat ØresundGO, 465 DKK sur un billet en ligne, ou 520 DKK à la barrière, pour une voiture jusqu’à 6 mètres. Le prix bas exige deux accords et non un : ØresundGO à 370 DKK par an, plus un accord distinct avec un émetteur de paiement automatique agréé, tous deux mis en place avant le départ.

Peut-on payer les ponts danois en euros ou par carte bancaire ?

Par carte, oui, aux deux ponts, et c’est la solution de repli quand vous n’avez rien préparé. En espèces, les deux ponts ne se ressemblent pas : le Storebælt accepte les couronnes et les euros, mais pas le billet de 500 €, tandis que l’Øresund n’accepte que les couronnes danoises et suédoises. Ne transportez donc pas la règle d’un pont à l’autre.

Mon coffre de toit change-t-il ce que je paie sur le pont ?

Oui, au Storebælt. Votre véhicule est mesuré automatiquement à la gare de péage et l’exploitant précise que la mesure inclut tout ce qui est monté devant, derrière ou sur le toit, en citant nommément un coffre de toit, ainsi que les porte-vélos, les marchepieds et les boules d’attelage. Si cela vous fait dépasser 6 mètres de longueur ou 2,7 mètres de hauteur, vous payez la tranche supérieure.

Je voyage en camping-car : combien va me coûter le Storebælt ?

Cela dépend de la longueur et de l’accord que vous avez demandé. Moins de 3 500 kg et jusqu’à 6 mètres, c’est le prix ordinaire de 205 DKK. Au-delà de 6 mètres, c’est 314 DKK mais uniquement avec une autocamperaftale, et sans cet accord le tarif par défaut est de 613 DKK. L’accord vaut donc environ 300 DKK par passage, et au-delà de 10 mètres il ne sert plus à rien.

Faut-il un Brobizz pour franchir les ponts danois ?

Non. Au Storebælt, un accord à la plaque suffit ; à l’Øresund, où le paiement à la plaque est réservé aux plaques danoises et suédoises, vous payez par carte à la barrière si vous n’avez rien préparé. Ce qu’achète un badge ou un accord à la plaque, c’est le niveau de prix, et cela compte bien plus sur l’Øresund, où l’écart va de 182 DKK à 520 DKK, qu’au Storebælt, où il va de 205 DKK à 235 DKK.

D’autres ponts ou tunnels danois sont-ils payants ?

Non. La loi danoise ne crée que deux franchissements routiers payants. Les deux ponts du Petit Belt, les ponts de Farø, le tunnel du Limfjord, l’Alssundbroen, le Svendborgsundbroen, le Guldborgsundtunnelen, le Sallingsundbroen et le Dronning Alexandrines Bro sont tous gratuits, comme le nouveau Dronning Margrethe II’s Bro, ouvert le 23 mars 2026. Le Kronprinsesse Marys Bro a perdu son péage en 2022.

Quand le tunnel du Fehmarnbelt ouvrira-t-il, et combien coûtera-t-il ?

Personne ne l’a dit. Il n’existe aucune date d’ouverture officielle : l’exploitant a confirmé en mai 2026 que le côté danois accuse environ deux ans de retard et qu’un nouveau calendrier suivrait. L’échéance de 2029, si souvent citée, a été remise en question en septembre 2025 et ne survit guère que sur une page ministérielle périmée. Aucun tarif n’existe non plus, puisque la loi Femern laisse ce niveau à la discrétion du ministre des Transports et que l’exploitant dit qu’il sera fixé juste avant l’ouverture.

Faut-il une vignette environnementale pour Copenhague ?

Non, parce qu’il n’en existe aucune. Les zones environnementales danoises n’ont aucune vignette de pare-brise. Elles ne visent que les véhicules diesel, elles reposent sur une norme d’émission et, pour certains véhicules étrangers plus anciens, sur un enregistrement en ligne sur miljoezoner.dk, et elles sont contrôlées par caméra. Les conducteurs d’essence, d’hybride et d’électrique sont entièrement hors du dispositif.

La zone environnementale me concerne-t-elle si je ne fais que traverser le Danemark ?

Non. Aucune autoroute danoise ne se trouve dans une zone environnementale : un transit par les E45, E20 ou E47 n’entre donc jamais dans l’une d’elles. À Copenhague, l’aéroport et l’autoroute de l’Øresund sont également hors de la zone, si bien que le trajet vers le pont est libre.

Que se passe-t-il si j’ignore les règles de la zone environnementale ?

Les caméras le relèvent et l’amende est de 1 500 DKK pour une voiture, un minibus ou un fourgon, ou de 12 500 DKK pour un poids lourd ou un autocar. Elle frappe le propriétaire et non le conducteur : sur une voiture de location, le loueur est donc facturé et vous la répercute. Les détections répétées dans la même zone en moins de sept jours ne comptent que pour une infraction, l’exposition est donc plafonnée à une amende par zone et par semaine, mais une nouvelle tombe chaque semaine jusqu’à ce que le véhicule soit conforme.

La taxe poids lourds danoise s’applique-t-elle à mon camping-car ou à ma voiture avec caravane ?

Non, dans toutes les configurations. Deux conditions doivent être réunies : le véhicule doit être utilisé pour le transport de marchandises, et sa masse maximale techniquement admissible en charge doit être de 12 000 kg ou plus. Un camping-car ne remplit pas la condition de transport de marchandises quel que soit son poids, et pour un ensemble seul le véhicule tracteur est pris en compte : une voiture tractant une caravane n’est donc jamais rattrapée par le poids cumulé.

À quelle vitesse peut-on tracter une caravane au Danemark ?

80 km/h sur tous les types de route, autoroute comprise, pour une voiture de moins de 3,5 tonnes tractant une caravane ou une remorque. Les « 70 km/h sur les autres routes » qui circulent encore ont été abrogés à compter de 2020. Une homologation danoise Tempo 100 vous fait monter à 100 km/h sur autoroute uniquement.

Mon homologation Tempo 100 allemande fonctionne-t-elle au Danemark ?

Non. L’agence danoise des véhicules le dit directement : la remorque doit porter une marque Tempo 100 danoise, et une homologation danoise ne vaut pas davantage en Allemagne. Le dispositif norvégien est le seul que le Danemark reconnaisse. Une remorque étrangère peut être contrôlée dans un centre danois pour obtenir l’homologation danoise, et le certificat doit être emporté lorsque vous roulez sous ce régime.

Les radars et les amendes danois sont-ils sévères ?

Il n’y a aucune tolérance : les tranches commencent à la limite plus un. Une caravane vous place dans la colonne d’amende des poids lourds, un supplément s’ajoute à partir de 140 km/h sur toutes les routes, et 160 km/h coûtent le permis quelle que soit la limite affichée, ce qui, sur une autoroute à 130, ne représente que 23 % de dépassement. Les limitations de chantier doublent l’amende.

La police danoise peut-elle vraiment garder ma voiture pour une amende impayée ?

Oui, lorsque le conducteur et le véhicule sont tous deux étrangers. Le véhicule peut être retenu jusqu’au paiement de l’amende ou à la constitution d’une garantie, et après deux mois il peut être vendu pour couvrir la dette. Les résidents de Finlande, d’Islande, de Norvège et de Suède échappent à ce pouvoir, mais pas pour les amendes d’arrêt et de stationnement. Un conducteur étranger peut régler en espèces au bord de la route, ce qu’un conducteur danois n’a pas le droit de faire, et c’est en général la solution la moins coûteuse.

Faut-il réserver le ferry Rødby–Puttgarden à l’avance ?

Aucune réservation n’est exigée sur cette liaison : vous pouvez arriver au port et acheter un billet. Cela coûte cependant sensiblement plus cher. Les chiffres de l’exploitant sont de 829 DKK au port contre 619 DKK au minimum en ligne ; réserver 30 jours ou plus à l’avance permettrait d’économiser jusqu’à la moitié, et les billets à petit prix comme les billets flexibles ne sont vendus qu’en ligne. Présentez-vous à l’enregistrement au moins 15 minutes avant le départ. La traversée dure environ 45 minutes, contre à peu près deux heures sur Rostock–Gedser.

Faut-il prendre le pont de l’Øresund ou le ferry Helsingør–Helsingborg pour la Suède ?

Sur le prix, les deux sont plus proches qu’il n’y paraît, et c’est voulu : l’accord interétatique de 1991 fait du tarif du ferry sur cette liaison la référence du péage du pont, si bien que les deux se suivent. Le pont est à 182 DKK avec un contrat et à 520 DKK sans ; le ferry part d’environ 199 DKK sur un billet non remboursable et monte à 460 DKK en tarif entièrement flexible. Surveillez en revanche la classification, car le ferry sépare les voitures des poids lourds à 3 500 kg alors que le pont ne mesure que la longueur.

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